Publication Prison Insider "Au pays des morts vivants"

Au pays des morts vivants
(c) Prison Insider

Synergies Coopération se réjouit de la publication par l’ONG Prison Insider de l’analyse transversale « Au pays des morts vivants ». Cet état des lieux présente une situation comparée des conditions de détention des personnes condamnées à mort dans neuf pays qui prononcent encore la peine capitale, et se base notamment sur les travaux menés par Carole Berrih, Directrice de Synergies Coopération pour l’ONG Ensemble contre la peine de mort de 2018 à 2021, sur la situation des personnes condamnées à mort au Cameroun, en République démocratique du Congo, en Malaisie et en Indonésie.

Extraits : 

« Au-delà des distances, les difficultés liées à la langue et l’interprétariat sont nombreuses. Elles touchent également des personnes de la nationalité du pays qui parlent un dialecte ou une langue minoritaire. Il leur est alors impossible de communiquer avec le personnel pénitentiaire, médical et religieux, ainsi qu’aux autres détenus. En Malaisie, les livres en langue étrangère ne sont pas admis car les autorités ne les comprennent pas et ne peuvent donc les contrôler. Autant d’obstacles linguistiques qui peuvent avoir des conséquences tragiques lorsque vient le procès : en l’absence d’interprète, des audiences se tiennent sans que l’accusé ne puisse comprendre le déroulé du procès ni ne puisse s’exprimer. Si les législations internes prévoient généralement l’accès à un interprète, de nombreuses personnes condamnées à mort en dénoncent l’absence. Des prisonniers interrogés en RDC déclarent que des avocats ou des greffiers tentent d’assurer la traduction simultanée. Ailleurs, sa qualité est décriée. Certaines personnes condamnées à mort comprennent l’issue de leur procès, leur condamnation à mort, par le biais de surveillants ou de policiers. »

« Des journées dénuées de sens se suivent. Les personnes condamnées sont en permanence soumises à des mesures de sécurité. Elles plongent dans un état de tension nerveuse constant. En Malaisie, les condamnés à mort font ainsi l’objet d’une surveillance continue. Les sanitaires sont visibles de l’extérieur de la cellule. »